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17.06 - Journée mondiale de lutte contre la désertification

Image désertification ©Ouest-France

En 1994, l'Assemblée générale des Nations Unies a déclaré le 17 juin Journée mondiale de la lutte contre la désertification et la sécheresse pour sensibiliser l'opinion publique à ce problème et mettre en application la Convention des Nations Unies pour la lutte contre la désertification dans les pays éprouvés par de sérieuses sécheresses et/ou par la désertification, particulièrement en Afrique.

Article Ouest-France du 19 juin 2010

Le Niger au bord de la crise alimentaire

L'an dernier, la récolte a été mauvaise. Aujourd'hui, alors que vient de se tenir la Journée mondiale contre la désertification, les greniers sont vides.

Reportage

En cette mi-juin, la pluie est passée sur une grande partie du Niger. Mais, pour Francis Kologo, coordinateur des programmes de SOS Sahel, encore faut-il qu'elle revienne, régulièrement : « L'an dernier, il a manqué une seule pluie, la dernière. Les plantes n'ont pas pu aller au bout de leur cycle, tout a fini en fourrage. »

Les greniers sont vides et les premières récoltes n'arriveront pas avant trois mois. Au Niger, 7,8 millions de personnes ¯ sur une population de 12 millions ¯ se retrouvent en situation d'insécurité alimentaire. Elles ont une quantité et une qualité de nourriture insuffisantes pour mener une vie saine et active.

D'abord les animaux qui trinquent...

La famine menace. Elle culminera en juillet ou en août, en pleine saison des pluies. À partir d'octobre, plus une goutte ne tombera du ciel, il faudra alors vivre sur les réserves. Or, des réserves, à Tondikiwindi, il n'y en a plus.

Dans ce gros village, à 160 km au nord-ouest de Niamey, la capitale, l'État a commencé à fournir des sacs de céréales. « Même quand la récolte est abondante, nous nous retrouvons face à un déficit qualitatif à partir du mois de mai. Il ne reste plus que des céréales, il faut alors attendre septembre pour avoir des légumes. Ce qui entraîne de graves carences alimentaires », se désole Harouna Bembello, président de SOS Sahel au Niger.

Ce sont d'abord les animaux qui trinquent. Sans bête à vendre, pas d'argent pour suffire aux besoins primaires. Pour faire face, les paysans sont souvent contraints de vendre leur production dès la récolte, au plus bas des cours. Mais ça n'est pas une fatalité : l'an dernier, à Bonkoukou, à 140 km au nord-est de Niamey, SOS-Sahel a mis en place un système de « warrantage » destiné aux producteurs de pommes de terre.

Dès la récolte, les paysans déposent leur production dans un hangar sécurisé : la garantie de déblocage d'un prêt, calculé sur la base du prix de la pomme de terre au jour du dépôt. Ils revendront plus tard, quand les cours auront monté et rembourseront la banque.

« Ça n'a pas bien marché cette année, reconnaît Assoumane Garba, président de l'Union des producteurs maraîchers de Bonkoukou. Il a fait trop chaud. On n'a pas pu maintenir la température à l'intérieur du hangar à moins de 32°. Nous n'avons pu garder les pommes de terre qu'un mois. » Elles n'avaient alors pris que 4 centimes d'euro par kilo. « Aujourd'hui, le prix du kilo est monté à 750 F CFA (1,15 €). Si on avait pu tenir jusque-là... »

Thierry MALLEVAËS.