Acteurs Bretons de la coopération internationale et de la solidarité

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Histoire de la solidarité internationale

Horizons désertiques ©CE

Les origines de la solidarité internationale

La préhistoire de la solidarité internationale est marquée par la fondation de la Croix Rouge, en  1863. Il s’agit des premières interventions de population, hors armée, pour intervenir dans des situations de conflit. A l’ombre des « clochers » (catholiques et protestants) de nombreuses personnes commencent également à avoir le souci de l’aide. Mais l’histoire de la solidarité internationale commence réellement avec la seconde guerre mondiale (création de la CIMADE en 1939) et surtout après. Si quelques actions ont été menées dans les années 50, le grand déclencheur de la solidarité internationale a été les indépendances.                      

Suite aux indépendances à partir des années 50, les premières mobilisations associatives se sont mises en place, notamment autour des questions de la faim dans le monde et de la situation de l’enfance.

L’idée de développement est arrivée dans les années 60, avec le constat qu’envoyer de la nourriture n’est pas une solution, il vaut mieux « aider » à produire. Ce constat a donné lieu à une période importante de volontariat (sans statut, sans protection sociale…). En parallèle, face aux situations de conflit et alors que la Croix Rouge s’interdisait d’intervenir, est née la vague urgentiste, avec toutes les associations ‘sans frontières’.

Dans les années 70, deux courants se développent donc en parallèle : les associations de développement et celles d’urgence. Le monde associatif s’est peu à peu organisé pour se faire entendre par les pouvoirs publics, mais il a été long de reconnaître l’investissement d’autres acteurs et notamment des collectivités.  Très vite, et parfois au prix d’expériences douloureuses, de nombreux acteurs ont pris conscience que les élans de générosité n’apportaient pas de solutions durables, voire pouvaient être préjudiciables aux populations qu’ils souhaitaient appuyer. Ils sont arrivés au constat que le développement n’est pas un processus que l’on peut décider ni piloter de l’extérieur : il doit avant tout reposer sur la mobilisation des populations locales. 

Les évolutions idéologiques de la solidarité internationale sont marquées par la prise de conscience de notre incapacité à ‘sauver le monde’. Les histoires rapportées par les volontaires ont obligé les associations à avoir un regard plus critique sur leurs pratiques. Elles ont réalisé qu’elles étaient en contact avec des sociétés organisées et caractérisées par des façons de vivre bien spécifiques.  Peu à peu, la réflexion selon laquelle l’objectif n’est pas d’apporter nos solutions mais bien de trouver les dynamiques porteuses de solutions et de les appuyer, s’est imposée. La notion de partenariat est alors devenue déterminante.

Depuis 30 ans, la réflexion autour de la notion de partenariat et de sa définition a nourri les associations de solidarité internationale. Cette notion fait aujourd’hui consensus.                                                      

Naissance du concept d’éducation au développement

Au moment de la conférence de Rio en 1992, il a été reproché d'utiliser le terme de développement, trop souvent associé à la croissance économique, puisque le terme doit être mis dans une perspective de développement durable pour en avoir une représentation complète. Les ONG lui ont préféré le terme de solidarité internationale :  les associations de solidarité internationale ne font pas le développement des autres ; elles sont solidaires des dynamiques existantes à l’international.

Cette prise de conscience a marqué le point de départ de l’éducation au développement : il s’agissait de l’expliquer au grand public et de faire comprendre que l’aide au développement est un processus complexe, nécessitant d’identifier localement les dynamiques porteuses de solutions et de les appuyer. Nous sommes alors dans les années 70.

Du développement à la solidarité internationale

Aujourd’hui, l’éducation au développement et à la solidarité internationale ne s’attache plus seulement à mieux faire comprendre les réalités des pays dits « du Sud », elle va aussi questionner notre propre mode de développement au nom même de la solidarité internationale. Aujourd’hui, dans une société mondialisée, les interdépendances mondiales font que chaque action, au Nord comme au Sud, a des répercussions sur l’ensemble de la planète : la façon dont nous consommons, dont nous nous alimentons, dont nous nous habillons, dont nous travaillons, dont nous nous divertissons, dont nous utilisons les sources d’énergie a des répercussions sur l'ensemble de la planète (le réchauffement climatique en est un bon exemple)… Etre solidaire renvoie alors aux attitudes citoyennes à adopter ensemble pour que nous puissions tous vivre sur la même planète dans un souci de développement durable et de préservation de l’environnement.

Pour porter cette réflexion, les acteurs de l’EAD-SI ont puisé leurs bases méthodologiques et leurs méthodes pédagogiques dans l’éducation populaire. Il s’agit en effet d’un processus d'apprentissage actif. Il ne s’agit pas de faire « à la place », ni de faire passer un message, mais bien d’impulser et d’alimenter une réflexion, en replaçant les citoyens comme acteurs centraux de la société.

En 2004, les ONG françaises réunies au sein d’Educasol[1] se sont accordées sur une définition de l’éducation au développement : « L'EAD SI vise à changer les mentalités et les comportements de chacun afin de construire collectivement un monde juste, solidaire et durable. Elle informe sur les causes de la pauvreté et du mal-développement, elle éveille l'esprit critique des citoyens et présente des alternatives et des propositions d'engagement accessible à tous. L'EAD SI est une démarche transversale et multiforme par la variété des thèmes et des publics qu'elle touche ».
 

Résumé d'une intervention sur l'historique de la solidarité internationale de Michel FAUCON, ancien Président du CRID, invité en tant qu'expert à un comité de pilotage d'ABCIS


[1]Plateforme française d’éducation au développement et à la solidarité internationale