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Filières environnement dans les pays du Sud (eau/assainissement, énergie, déchets) : quels partenariats entreprises-ONG-territoires ?

Publié le 27.05.2015

Interviews de Mickaël Feuilldet de Belenn Ingénierie, Sylvain Ségal du Département d'Ille et Vilaine et d'Yves Maigne de la Fondation Energie pour le monde

Michaël Feuildet - Belenn Ingénierie (Finistère)

Quel est le sujet de votre intervention ?

Je vais intervenir avec M. Chabanne de l’entreprise CB Energie basée au Burkina-Faso. Nous avons créé ensemble une lampe solaire qui est aujourd’hui produite et vendue dans ce pays. Il témoignera de son expérience sur le terrain et du fonctionnement de l’entreprise au Burkina-Faso. Lors de notre intervention, nous allons présenter nos deux entreprises et notre produit, la lampe solaire, ainsi que l’historique du projet. Nous souhaitons également évoquer l’avenir et la création d’une nouvelle entité dans le domaine de l’ingénierie qui permettrait de dupliquer notre expérience burkinabée dans d’autres pays d’Afrique. Il s’agirait d’une société de conseil intervenant auprès de porteurs de projets (ONG, entreprises, collectivités…) dans le domaine de l’énergie solaire. Nos interventions seront variables : de la mise en place d’ateliers de production à la recherche des compétences locales par exemple.

Quelles sont vos attentes par rapport aux Assises ?

Nous avons réussi à mettre en place un système d’énergie solaire au Burkina Faso qui a évolué au fil des années. Notre expérience montre en effet que l’importation de panneaux solaires en Afrique n’est pas la meilleure solution. Il faut encourager le développement des compétences sur place pour produire mais aussi réparer et consolider l’existant. Le fait de partager notre expérience aux Assises devrait nous nous permettre d’avoir un retour des participants qui connaissent pour la plupart le contexte propre aux Pays en développement.

Aujourd’hui, nous nous dirigeons vers un nouveau projet d’ingénierie et nous espérons que les Assises puissent nous permettre de l’exposer et d’avoir un échange avec les acteurs présents.

De plus, les Assises nous donnent l’opportunité de rencontrer des personnes que nous n’aurions jamais eu l’occasion de connaitre autrement. Par exemple, rencontrer M. Maigne, le directeur de la Fondation énergie pour le Monde, est une véritable chance : c’est une pointure dans son domaine !

Cette année les Assises s’adressent aux entreprises et acteurs économiques, que pensez-vous des partenariats et liens entre associations de solidarité internationale, collectivités et entreprises ?

C’est une belle idée mais qui reste difficile à mettre en œuvre dans la réalité. Travailler avec d’autres acteurs prend du temps, et dans le cas des collectivités il faut parfois faire face à des barrières administratives. C’est aussi pour ça que nous témoignons, pour montrer qu’à l’échelle privée il existe des initiatives et prouver que les entreprises aussi s’investissent et qu’elles y ont un intérêt.

Sylvain Segal - Département d’Ille-et-Vilaine

Quel est le sujet de votre intervention ?

J’interviens sur la question de la gestion des déchets en présentant deux projets de coopération décentralisée que le Département d’Ille-et-Vilaine mène avec la région Alaotra Mangoro à Madagascar. Nous organisons la gestion des déchets dans deux villes d’environ 80 000 habitants et agissons à tous les niveaux de la chaîne : de la collecte des déchets à leur valorisation sous forme de compost. Notre action s’est étendue à la mise en place d’une fiscalité locale pour assurer à terme la pérennité du service et nous recherchons également des débouchés pour la production de compost.


Qu’attendez-vous de ces Assises ?

Nous recherchons d’autres partenaires dans le domaine de la gestion des déchets mais aussi des énergies renouvelables en ce qui concerne un deuxième projet que nous portons au Mali. Nous souhaitons aussi partager nos réflexions sur le financement de telles actions sur le long terme pour que les projets soient pérennes et efficaces.

Cette année les Assises s’adressent aux entreprises et acteur économiques, que pensez-vous des partenariats et liens entre associations de solidarité internationale et entreprises ?

Dans le cadre de l’expérience malgache, nous travaillons avec une SARL malgache, Madacompost, qui a été créée par l’ONG française Gevalor. Madacompost apporte un appui technique aux acteurs locaux, notamment auprès de l’opérateur qui exploite la plate-forme de compostage. Il est important d’avoir des acteurs privés compétents sur place pour manager le projet et former le personnel.

Avec le « 1% déchet » qui permet aux collectivités d’utiliser jusqu’à 1% de leur budget « déchets » pour mener des projets de coopération décentralisée, nous espérons pouvoir mener à l’avenir des actions pérennes et impliquer plus d’acteurs tels que les ONG et entreprises.

 

Yves Maigne -  Fondation Energie pour le Monde

Quel est le sujet de votre intervention ?

J’interviens sur l’accès à l’électricité dans les pays du Sud. Aujourd’hui, près d’1,4 milliard d’êtres humains ne dispose pas de l’électricité. Cette situation limite l’amélioration des conditions de vie des habitants, et de manière générale, le développement économique de ces pays. L’installation d’infrastructures grâce à l’aide internationale est certes nécessaire, mais les actions de coopération ne doivent pas s’arrêter là. Il est indispensable :

  • d’accompagner ce type d’actions par une démarche plus large incluant la sensibilisation et la formation de tous les acteurs, des institutions nationales en charge de l’énergie aux utilisateurs finaux pour une appropriation de l’électrification décentralisée et l’utilisation des énergies renouvelables ;

  • de déterminer précisément les modalités d’exploitation et de paiement du service de l’électricité.

Quelles sont vos attentes par rapport aux Assises de la solidarité internationale ?

Je souhaite mieux connaitre les actions de coopération décentralisée menées par les acteurs régionaux, départementaux et locaux dans les pays du Sud.

J’espère également faire comprendre la nécessité de l’accès à l’électricité. Même si sa mise en place est complexe, il démultiplie les impacts des actions de développement qui en sont privé.

Cette année les Assises s’adressent aux entreprises et acteurs économiques, que pensez-vous des partenariats et liens entre associations de solidarité internationale et entreprises ?

Il est nécessaire d’impliquer les entreprises, que ce soit celles des pays industrialisés que celles des pays d’intervention. Les premières offrent des produits, les secondes un service de proximité, tous deux indispensables à la pérennité du service. Les associations doivent faire le lien et inciter à une juste collaboration.