Acteurs Bretons de la coopération internationale et de la solidarité

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Quels financements pour le développement d'activités économiques au Sud ?

Publié le 01.06.2015

Interviews de Pierre Lampérin (Meltingood.com), Bandiougou Kourouma (Servico SARL) et Quentin Lecuyer de l'association SIDI (Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement)


 

Pierre Lamperin, PDG de Meltingood
 

Quel est le sujet de votre intervention ?

Nous allons présenter la plateforme Meltingood que nous avons lancée le 27 mai 2015. Elle propose aux ONG une nouvelle façon de recueillir des dons. Notre solution innove par son approche positive de la collecte. Il s’agit de mettre en avant la générosité et la reconnaissance envers les donateurs plutôt que de les inciter à donner via un message culpabilisateur ou des images chocs.

Meltingood facilite la solidarité et la générosité qu’elle valorise. Chaque utilisateur peut faire un don en quelques clics et réaliser en un temps record un geste à la fois utile et gratifiant. Plusieurs options sont possibles : participer à un challenge solidaire (simple et rapide) ou donner ponctuellement ou régulièrement, avec la possibilité de gérer sa contribution sur la durée.

Quelles sont vos attentes vis à vis de ces assises ?

Les Assises sont l’occasion de partager sur les différentes solutions qui sont proposées aujourd’hui pour le financement d’actions dans les pays du Sud. Nous apportons une solution mais qui n’est bien-entendu pas suffisante et dans ce contexte, il est important de connaître son environnement, les différents acteurs en présence pour savoir adopter une approche cohérente et identifier d’éventuelles synergies possibles.

Nous souhaitons également faire connaitre la plateforme aux entreprises. Nous allons lancer prochainement une nouvelle offre qui leur sera dédiée, elles auront un rôle important à jouer en matière de solidarité.

Cette année les Assises s’adressent aux entreprises et acteurs économiques, que pensez-vous des partenariats et lien entre association de solidarité internationale, collectivités et entreprises ?

Nous travaillons déjà avec une dizaine d’ONG, associations et fondations présentes au démarrage de Meltingood : CARE, la Croix Rouge, Solidarités internationale, Peuples Solidaires ou encore l’ONG Défi.

Je pense que l’approche tripartite (entreprises, collectivités, associations) est importante et que ces acteurs peuvent travailler ensemble, s’apporter mutuellement pour renforcer l’efficacité de la solidarité internationale.
 

Bandiougou Kourouma – gérant de la société SERVICO

Quel est le sujet de votre intervention ?

Je vais parler du lien entre les entreprises d’Europe et celles du Sud. Je dirige deux entreprises : la première en Bretagne et la deuxième en Afrique de l’Ouest. Elles exercent toutes les deux dans le domaine des télécoms et réseaux. Je mène aussi des projets d’industrialisation notamment agroalimentaires au Mali et en Guinée-Conakry.

Pourquoi intervenez-vous dans le parcours financement ?

Il s’agit toujours de faire le lien entre les entreprises des deux continents. Les entreprises sont souvent frileuses à l’idée d’investir dans un pays qu’elles ne connaissent pas, à fortiori dans des pays en développement. Avoir une entreprise en France me permet de faire le lien avec les entreprises européennes et de faciliter leur investissement dans des projets réalisés en Afrique de l’Ouest.

Qu’attendez-vous des assises ?

Je connais les Assises grâce à l’Association des Femmes Agricultrices du Mali (AFAM) dont je suis membre et qui assistera d’ailleurs au parcours « Agri-agro-pêche ». Aujourd’hui, j’espère créer des partenariats avec la Région et les acteurs économiques pour favoriser les liens avec l’Afrique et valoriser les deux continents.

 



Quentin Lecuyer - SIDI (Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement)

Quel est le sujet de votre intervention ?

J’interviens à la table ronde consacrée au financement. Au sein de l’organisation Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement, je suis plus particulièrement impliqué sur les thématiques de la microfinance et du financement des producteurs du Sud. Lors de la table ronde, je pourrai donc intervenir sur plusieurs sujets en m’adaptant bien évidemment aux questions qui me seront posées :

  • mon expérience en matière de développement des entreprises du Sud en particulier les institutions de microfinance, notamment en Afrique et en Amérique Latine.

  • les solutions qui s’offrent aussi aux particuliers et aux entreprises intéressés par les problématiques de développement de l’Afrique et des pays du Sud et qui souhaitent intervenir indirectement en investissant via la SIDI par exemple.

Quelles sont vos attentes vis-à-vis de ces Assises ?

Je trouve le « format » de ces Assises très intéressant et cela pour plusieurs raisons. J’ai souvent participé à des conférences sur le développement mais généralement celles-ci rassemblaient uniquement des techniciens dans notre domaine de spécialité. Le fait que cet événement soit organisé par la Région Bretagne constitue aussi un avantage car cela se traduit en général par une efficience en termes de communication. De plus cela montre que ce type d’événement ne se déroule pas uniquement à Paris grâce à l’efficacité d’une mobilisation locale.

Les Assises permettent en outre de mieux connaitre les initiatives prises en matière de développement par les organismes publics, les entreprises et les ONG locales dans le but de développer de nouveaux partenariats. . De plus, les Assises constitueront une opportunité de faire connaitre nos activités et notre modèle, et de susciter un intérêt auprès d’investisseurs potentiels, personnes morales ou physiques.

Cette année les Assises s’adressent aux entreprises et acteur économiques, que pensez-vous des partenariats et liens entre associations de solidarité internationale, collectivités et entreprises ?

L’action des associations et des organismes publics est essentielle mais elles ne peuvent pas agir à tous les niveaux : les entreprises peuvent aussi apporter de nouvelles ressources aux pays du Sud. Un bon nombre d’entreprises du Nord ont bien compris l’intérêt des pays du Sud en général et pas seulement pour leurs matières premières. En cela, inviter les entreprises aux Assises est l’évidence puisque la Région suit ainsi un mouvement déjà bien initié. En effet, ces pays constituent des marchés attrayants mais aussi de plus en plus concurrentiels et avec des consommateurs exigeants. En Afrique par exemple où les taux de croissance économique sont parmi les plus élevés au monde, on assiste à la naissance d’une classe moyenne et à l’émergence d’initiatives locales privées. A la SIDI nous croyons que lier ces initiatives locales à des investisseurs et entreprises étrangères ayant une vision de développement de long terme peut avoir un fort impact économique et social. La SIDI entend jouer ce rôle de pont entre les acteurs économiques naturellement éloignés.