Acteurs Bretons de la coopération internationale et de la solidarité

Région BretagneActeurs Bretons de la coopération internationale et de la solidarité

Les bonnes pratiques: d'abord, ne pas nuire!

bp7 ©Source: ville de Fougères

Identifier un partenaire local

L'autonomie des populations

Et le développement durable?

Travailler en réseau

Avancer avec les migrants

La réciprocité dans le partenariat

Favoriser les échanges Sud -Sud

 

Pourquoi un partenariat ? Le concept de partenariat est issu de la remise en cause de la logique d'assistanat. Le rôle des organismes du Nord a évolué vers celui d'accompagnateur d'actions, de levier pour impulser des dynamiques de développement. Cette notion de partenariat conduit à repenser la coopération non plus comme un don ou comme une aide mais comme un échange, se basant sur la réciprocité de la relation. Le partenariat est un moyen d'atteindre ensemble des objectifs que chacune des parties ne peut atteindre seule.

Agir avec le souci de l'autonomie des populations

Le don ou l'assistance agissent sur les effets et non sur les causes de la pauvreté ; ils ne sont que des solutions provisoires. Ils risquent d'engendrer une dépendance du bénéficiaire vis-à-vis du donateur : celui-ci a alors tendance à attendre au lieu d'entreprendre. Comment agir, alors ?

Concevoir l'appui comme un complément aux efforts des populations : c'est-à-dire agir en utilisant leur mode de fonctionnement, leurs ressources humaines et matérielles. Ne pas limiter le soutien à l'apport financier et matériel : favoriser le développement de savoir-faire, par exemple. C'est l'histoire du proverbe chinois qui dit qu'il vaut mieux apprendre à pêcher que de donner un poisson…

Interroger son projet au regard des critères du développement durable

Le Développement durable, c'est quoi ? D'abord répondre aux besoins des générations actuelles, sans compromettre la capacité des générations futures à répondre aux leurs. Pour être durable, le développement doit combiner les aspects environnementaux, sociaux, culturels et économiques.
Les définitions du développement durable donnent des axes de réflexions pour avoir un regard critique sur ses propres actions:

  • Quelles sont les répercussions des actions sur l'environnement ? Exercent-elles une pression sur la nature ? Auront-elles des retombées positives ou négatives sur les générations à venir ?
  • Ce projet a-t-il une utilité sociale ? Intervient-il sur la réduction des inégalités ? Le partage des richesses ? L' accès des populations aux services essentiels ?
  • Est-ce que les spécificités culturelles (modes de vie, façons de vivre ensemble, systèmes de valeurs, traditions, croyances…) ont été bien appréhendées et sont suffisamment prises en compte ? Ont-elles favorisé l'identification de solutions innovantes et adaptées ?
  • Les actions entreprises ont-elles une utilité économique ? Créent-elles des revenus ? Favorisent-elles le recul du nombre de personnes sans ressource ou sans emploi ?
  • Comment les personnes concernées se sont-elles appropriées les actions en cours ? Quel est leur degré d'implication : sont-elles bien informées ? Participent-elles à chacune des étapes suivantes : conception, programmation, mise en œuvre, évaluation ?

Source : Haut commissariat à la Coopération internationale, « Développement durable et solidarité internationale, enjeux bonnes pratiques, proposition pour un développement durable du sud et du Nord. Juin 2006 »

Travailler en réseau

Travailler en réseau et coordonner les actions : pour quoi faire ?
En matière de projet de solidarité internationale, il n'y a pas de solution toute faite ; rencontrer régulièrement d'autres intervenants permet de profiter de leurs expériences, de piocher les bonnes pratiques, d'éviter de reproduire certaines erreurs, et d'avoir un regard extérieur sur son projet, d'où des gains de temps, d'argent, d'énergie. C'est d'abord pour favoriser ces mises en relations entre les familles d'acteurs bretons de la coopération et de la solidarité internationale que s'est constitué le réseau ABCIS, en septembre 2005. Il doit permettre aux nouveaux porteurs de projets de trouver soutiens et références, de mutualiser les moyens, d'harmoniser les pratiques sur le terrain.
L'appartenance à certains réseaux régionaux (CASI, CBCI, ABCIS, Ritimo), nationaux (CUF, CRID, Coordination Sud) ou européens (CONCORD), permet de se tenir informé et de participer à des formations, afin d'améliorer ses modes d'action.

« Deux associations françaises travaillaient en partenariat avec deux villages malgaches voisins, mais sans contact entre elles ; chacune s'est investie dans la construction d'une école ; mais quand l'une des associations françaises a voulu demander une participation financière ou sous forme de main d'œuvre à son partenaire, elle s'est vu opposer un refus, sous prétexte que dans le village d'à côté, l'ensemble des coûts avaient été assumés par le partenaire français. »

Associer les populations issues des migrations

En associant les migrants à leurs projets, certaines organisations du Nord peuvent bénéficier de leur enracinement local, ainsi que de leur connaissance du terrain et de la culture. Les attentes et les besoins des populations locales sont alors mieux ciblés et l'implication de ces dernières dans la conception et la réalisation des projets est ainsi favorisée (sans compter que le projet est souvent mieux accueilli).

Rechercher la réciprocité dans le partenariat

Chercher la réciprocité, c'est vouloir sortir du schéma « donneur/bénéficiaire », et construire une relation à double sens. Evidemment, les apports sont différents et les deux partenaires ne trouveront pas la même chose dans l'échange.
Les initiateurs de projets au Nord ont souvent plus de mal à identifier ce que leurs apporte le partenaire du Sud. Et pourtant… Combien de personnes ont bénéficié de la richesse des échanges et apprentissages issus d'un voyage au Sud dans le cadre d'un projet de solidarité ? Combien de collectivités se félicitent de voir les liens sociaux de leur population dynamisés par les organismes associatifs de solidarité internationale ? Combien d'organismes utilisent les actions de développement pour éduquer à la citoyenneté en France? De nouvelles approches de la solidarité et de la cohésion sociale sont aussi des exemples de la réciprocité dans le partenariat.

Au-delà, les pays du Sud sont un réservoir d'initiatives et de pratiques dont nous pouvons nous inspirer. Le concept de réciprocité implique dans ce cas un véritable changement de mentalité, une ouverture d'esprit et une remise en cause suffisante de nos propres modes d'action pour voir, chez nos partenaires, les pratiques qui peuvent nous permettre, nous aussi de nous développer….
Des concepts issus du Sud commencent à faire leur chemin dans certaines collectivités du Nord, notamment en matière de démocratie participative : conseils des sages ou budget participatif font leur apparition.
Le rôle social que jouent les personnes âgées auprès des petits enfants en Afrique est aussi un sujet d'inspiration : face à un sentiment d'inutilité ressentie par une partie du troisième âge, des initiatives visant à rapprocher et à faire travailler ensemble crèches et maisons de retraite se développent.
L'observation des comportements des sociétés partenaires pose de multiples questions qui sont ou seront peut-être à l'origine d'innovations : le transport à la demande ne peut-il pas trouver des adaptations pertinentes chez nous, notamment en milieu rural ? Ne peut-on pas imaginer une démocratisation des taxis, s'ils proposaient de prendre plusieurs clients en même temps ?...

Favoriser les échanges Sud -Sud

Ces échanges Sud-Sud permettent aux populations des pays en développement, confrontées à des problèmes communs, d'échanger de l'information, des compétences, des pratiques et de découvrir des approches différentes. La similitude des difficultés et la variété des expériences selon les pays ou les régions rendent ces échanges Sud – Sud très riches. Les organisations du Nord peuvent favoriser ces rencontres, par la création d'espace de débats, par exemple, ou l'organisation de missions réciproques de terrain.
Un groupe associatif suisse, intervenant dans le domaine de la micro-finance en Afrique de l'Ouest, a développé au Mali et au Burkina Faso des activités de micro-crédits. Chaque année, des missions sont organisées dans l'un ou l'autre des pays afin que les équipes se rencontrent, partagent leurs difficultés, leurs expériences, leurs innovations.