Acteurs Bretons de la coopération internationale et de la solidarité

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Commerce équitable

La Route du café, des Yungas à la Bretagne (mise en ligne en février 2011)

Affiche La Route du café

Entretien avec un des deux auteurs du livre et réalisateurs du film, Bernard Bruel, enseignant

Une rencontre, une association, un voyage

Passionnés par la musique et les civilisations d'Amérique latine, après plusieurs voyages en Amérique du Sud, Bernard Bruel, enseignant, et Tugdual Ruellan, journaliste, ont rencontré des petits producteurs de café boliviens invités dans le cadre de la semaine de la quinzaine du commerce équitable en mai 2006. Ces derniers leur ont donné leur perception d'un commerce plus juste à l'inverse d'un commerce de spéculation sur les matières premières. Les petits producteurs les ont invités à venir à leur tour dans leur pays pour qu'ils puissent se faire leur propre opinion.

De cette rencontre, est née l'association Inter-notes (en référence à l'international et aux notes de musique). L'association a pour but, à travers les échanges suscités par la pratique de la musique, de soutenir des initiatives locales, grâce à des actions de recherche de financement menées en France. Aujourd'hui, la vente du livre et du DVD « La route du café, des Yungas à la Bretagne » contribue aux soutiens apportés.

Sur place, les membres fondateurs de l'association ont eu envie d'aller visiter les exploitations et les coopératives. Des échanges ont ainsi eu lieu spontanément avec les producteurs. Le pays compte surtout des petites coopératives. Celle qui a fait l'objet de leur reportage, Villa Oriente dans les Yungas de Bolivie, comprend 141 producteurs, dans des exploitations d'environ 3 à 5 ha. Pour donner un ordre de comparaison, le Pérou, où existe un marché national de consommation de café, possède des coopératives regroupant aux alentours de 1 000 familles.

Partout au cours de leur périple résonne l'enchantement des petits producteurs pour le commerce équitable, grâce aux répercussions positives qu'il a sur leur quotidien.

Les clés du commerce équitable

Le commerce équitable par principe garantit un prix minimum par l'instauration d'un prix d'achat plancher opposé au système de fluctuation des cours mondiaux sur le marché. En se regroupant en coopérative, les petits producteurs mettent en commun leurs outils de travail et se développent collectivement, en achetant du matériel et des camions, mais aussi en construisant une usine de tri. Ce mode d'organisation a également comme avantage de pouvoir financer les récoltes à l'avance et d'investir collectivement dans l'éducation. Ainsi, les enfants des petits producteurs, en se formant, ont accès plus facilement à des emplois qualifiés, mieux rémunérés et leurs conditions de vie s'en trouvent améliorées.

Les changements concrets vécus par la population bolivienne influencée positivement par le commerce équitable de café se situent dans l'équipement des écoles, l'élévation du niveau scolaire, un meilleur confort dans les maisons (installation de panneaux solaires), un meilleur accès à l'eau potable…

Le circuit du café de la Bolivie à la Bretagne est un projet solidaire là-bas, mais contribue aussi ici à la promotion sociale par le travail en associant le CAT (centre d'aide par le travail) de Bain de Bretagne, pour la torréfaction du café.

Les petits producteurs, réunis en petite coopérative, en raison de leur faible volume de production, vendent presque exclusivement leur café à des marques nationales comme Lobobis (1ère entreprise à avoir commercialisé des produits 100 % équitables en France), Altereco, Malongo … qui sont commercialisées en majorité en grandes surfaces, le concept de commerce équitable s'étant sans doute rapidement développé grâce à elles.

Ces dernières, pour distribuer leurs propres marques de café équitable (MDD = marques de distributeurs), s'approvisionnent auprès de plus grosses coopératives, capables de répondre à leur volume d'achat conséquent.

De cette manière, les petits producteurs sont pour l'instant relativement protégés de la concurrence des marques d'enseigne de grandes surfaces et des grandes marques de café standard s'étant lancées dans le créneau du commerce équitable comme Jacques Vabre.

A l'inverse, ils seraient fragilisés si les grandes surfaces décidaient d'arrêter de vendre leur café.

En revanche, les entreprises comme Lobodis, doivent développer des outils commerciaux et marketing pour concurrencer les marques des grandes surfaces, moins chères, qui représentent un danger potentiel pour l'évolution de leur volume des ventes.

Par ailleurs, les labels sur les produits (Max Havelaar, Ecocert) constituent à l'heure actuelle le meilleur garde-fou au fait que le cahier des charges du commerce équitable soit bel et bien respecté par tous. De plus, des organismes de contrôle viennent en complément de la certification des produits et constituent une 2ème garantie, sur les organisations cette fois. En France, Max Havelaar France et FLO-Cert (créée par FLO International, Fairtrade Labelling Organisations) collaborent au contrôle et à la certification des produits commerce équitable. Pour chaque marché national, les deux organisations nationales/internationales sont complémentaires du point de vue du contrôle.

L'aboutissement d'une aventure humaine et solidaire

L'ensemble des témoignages recueillis sur place se retrouve sur le site Internet http://www.inter-notes.fr et dans le livre et le DVD bilingue français/espagnol « La route du café, des Yungas à la Bretagne » qui ont été créés à cette occasion.

Le livre et le DVD retracent toute la filière du commerce équitable en différentes étapes : production/séchage/tri/exportation transport jusqu'au Havre/torréfaction en Bretagne

Des photos illustrent les propos et des encadrés mettent en lumière des points particuliers.

Les auteurs/réalisateurs se sont entourés de professionnels pour des explications visant à faciliter l'approche des questions de commerce équitable.

De nombreuses interventions (projection du film et débat) sont demandées à l'association par les établissements d'enseignement : écoles supérieures, lycées, collèges. Un travail de diffusion a débuté pour mettre à disposition les outils dans les centres de documentation des établissements d'enseignement. Des boutiques et librairies solidaires  les mettent aussi en rayon (Artisans du Monde..)

Le livre et le DVD revêtent un aspect pédagogique encourageant les jeunes d'aujourd'hui à construire le monde (plus juste) de demain.

Un autre déplacement est prévu l'année prochaine au Pérou et en Bolivie, pour observer les évolutions des conditions de travail des femmes dans le séchage du café et réfléchir à la production éventuelle d'autres produits dans le cadre du commerce équitable.

Pour télécharger le bon de commande du livre et/ou du DVD http://www.inter-notes.fr

Les bénéfices des ventes du livre et du DVD iront aux enfants des écoles des petits producteurs de café des Yungas (Choronta et Antofagasta) et à un collège technique de l'altiplano (Kollana) en Bolivie, dans le but d'améliorer leur équipement scolaire et leurs conditions d'étude.

 

Petit aparté sur un projet musique :

Internotes aide à la recherche de financement d'un DVD qui contribuera à la sauvegarde et à la diffusion du patrimoine culturel de la Région de Cusco (région centre du Pérou dans la Cordillère des Andes) en filmant des jeunes d'une association jouant les musiques de leurs villages et dansant les chorégraphies traditionnelles.

Pour contacter Internotes

Nom : Bernard BRUEL

Tél : 06.08.05.34.35

Mail : internotes@gmail.com